Historique
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tenPierre Blouin, assure la relève...

Plus de 650 pianos sont fabriquées entre 1949 et 1974, date à laquelle on décide de mettre un terme à cette dimension de l'entreprise. Deux événements, l'arrivée de la télévision et la mondialisation des marchés contribuent de façon drastique à transformer la fabrication et le commerce du piano.

La télévision fait en effet son entrées dans les foyers sherbrookois avec la mise en ondes, en 1952, d'un service local de production et de diffusion confié à la Société Radio-Canada. Les familles des classes moyennes, qui ont réussi à accumuler un certain capital pendant les fastes années d'après-guerre, délaissent le piano familial pour une télévision. La disposition physique du salon s'oriente désormais autour du petit écran. L'entreprise Blouin doit s'adapter à une importante diminution de la vente de pianos. Il s'agit d'années très difficiles pour l'entreprise. En plus des différentes marques de pianos exposées, la télévision fait donc son entrée dans les salles d'exposition du magasin Robert Blouin Pianos.

Depuis son ouverture, l'entreprise de la rue King bénéficie de la présence du jeune Pierre, fils de Robert. Né en 1935, Pierre représente la troisième génération de Blouin à œuvrer dans le domaine de la vente et de la réparation de pianos. Dès l'âge de onze ans, il travaille au commerce de son père le soir et les fins de semaine, en plus de poursuivre ses études le jour. Dans les années 1950, Pierre représente un atout précieux pour l'entreprise. Des études à l'Institut National de la Radio, à Sherbrooke, lui permettent d'acquérir des connaissances dans le domaine de l'électronique. Après ses études, il installe sur les toits des maisons les antennes de télévision, alors nécessaires pour obtenir une clarté d'image appréciable. Dans les années 1950 et 1960, avec l'arrivée des orgues et des pianos électriques, la formation que Pierre a reçue en électronique s'avère utile pour la réparation des nouveaux appareils.

La mondialisation des marchés s'accentue dans les années 1960. De plus en plus, les consommateurs se voient proposer des produits étrangers à meilleurs prix, les coûts de production étant moins élevés. Des géants du piano, tels Baldwin aux États-Unis ou Yamaha au Japon, se livrent une compétition féroce. Les synthétiseurs, les séquenceurs et les claviers des années 1970 remplacent le son traditionnel du piano et orientent la production de façon à satisfaire la consommation de masse en matière de culture. Ces instruments offrent d'infinies possibilités à quiconque souhaite s'adonner à la musique sans trop d'efforts. Mais la syndicalisation de la main-d'œuvre de même qu'un volume de vente insuffisant ont pour conséquence de faire grimper les coûts de production. Pendant cette période, plusieurs fabricants de petite envergure se voient dans l'obligation de faire des mises à pied ou, tout simplement, de fermer leurs portes. Il devient de plus en plus difficile de maintenir un niveau de production rentable.

Afin de continuer à fabriques des pianos, Robert Blouin Pianos fait l'acquisition en 1964 de l'inventaire de l'usine Quidoz. Mais cette acquisition ne fait que retarder la date d'arrêt de la fabrication de pianos chez Blouin. en 1974, la compagnie ontarienne Sherlock-Manning entreprend des négociations avec Robert et Pierre Blouin. Elle acquiert le droit d'utiliser le nom Blouin, ainsi que le procédé de fabrication attaché à ce nom prestigieux. Le nom et surtout la qualité sonore font encore la réputation de la marque de commerce des pianos Blouin. En 1980, le Chœur héritage de Sherbrooke fait l'acquisition du dernier-né Blouin, un modèle de type conservatoire. Jusqu'en 1986, date où le dernier fabricant de pianos au Canada, la compagnie Sherlock-Manning, cesse ses activités, les pianos de conception Blouin se retrouvent partout au pays.

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