Arthur Blouin, marchand de piano
Arthur Blouin voit le jour le 22 juillet 1872 à Lambton. Il est le fils de Charles Blouin et Léonie Ouellette. Comme plusieurs jeunes de son âge, on le retrouve dès ses onze ans à l'usine de textile Paton, où il travaille les soirs de semaine. Les faibles revenus que lui procure cet emploi servent à payer les études commerciales qu'il commence, en 1883, au Séminaire St-Charles-Borromée.
L'intérêt qu'Arthur Blouin porte à la musique, et plus particulièrement au violon, est vite comblé par la vie musicale qui règne au Séminaire. Il devient violoniste au sein de l'orchestre de la Société Ste-Cécile, créé l'année de son entrée. Connue à l'origine comme la fanfare officielle du Séminaire, la Société Ste-Cécile participe aux nombreux événements culturels de la ville. À la fin de ses études au cours commercial en 1892, Arthur Blouin reçoit un prix d'excellence pour ses qualités de violoniste.
fin des années 1920
Immédiatement après ses études, Arthur Blouin commence à travailler à temps partiel chez LeBaron, un marchand de musique installé rue Wellington. Il s'exécute aussi, en compagnie de quelques autres musiciens, dans les auberges de North Hatley. Les orchestres de chambre de la région jouissent, pendant la même période, d'une popularité croissante. Ils y présentent, entre autres, des œuvres de Mozart et de Strauss appréciées du public. La situation précaire d'Arthur Blouin chez LeBaron se prolonge jusqu'en 1898. C'est à ce moment qu'il se voit offrir par la compagnie Gourlay-Winter-Leaming la possibilité de vendre des pianos. Les représentants de l'entreprise avaient remarqué les aptitudes de vendeur d'Arthur Blouin lors d'un précédent passage chez LeBaron. Le capital nécessaire pour le démarrage de l'entreprise d'Arthur Blouin est minime car les pianos sont déposés en consignation dans un minuscule local au coin des rues King et Bowen dans Sherbrooke-Est.
Le nom Blouin fait sa marque
En 1909, Sherbrooke compte près de 15 000 habitants. La rue Wellington offre de belles perspectives d'avenir pour tout marchand qui souhaite s'y établir. La circulation créée par les voyageurs descendus au New Sherbrooke Hotel et mêlée à l'entrecroisement des tramways et des charrettes assurent un bon achalandage. Avec ses hôtels et ses salles de spectacles, Sherbrooke offre une vie artistique et musicale des plus dynamiques.
C'est en 1909 qu'Arthur Blouin déménage son commerce de la rue Bowen sur Wellington Sud, près de la rue King. En plus des pianos Gourlay-Winter-Leaming, les pianos Manson & Risch, McMillan et Lesage sont proposés aux clients. On peut aussi trouver des instruments de musique de toute sortes et plusieurs articles s'y rapportant. Enfin, on offre des leçons de piano. Parmi les professeurs, se trouve Eugène Caron, pianiste compositeur et directeur d'orchestre. À Sherbrooke, il est le premier représentant de l'Académie de musique de Québec et du Conservatoire National de musique affilié à l'Université de Montréal.
Le magasin Arthur Blouin: une entreprise familiale
Le caractère familial et francophone du magasin Arthur Blouin de même que la gamme diversifiée des produits qui y sont offerts sont mis en évidence par les publicités de l'entreprise publiées dans les années 1930. On n'hésite pas à souligner qu'il s'agit de la seule maison canadienne-française du genre dans les Cantons-de-l'Est, le seul autre compétiteur à Sherbrooke étant le magasin H.C. Wilson & Sons, un commerce anglophone sis sur la rue Wellington Nord. La compétition est forte. La crise économique qui sévit et la popularité toujours croissante de la radio ont pour conséquence la diminution des ventes de pianos. C'est ainsi que la direction du magasin décide, en 1936, de donner une nouvelle orientation au commerce. Cette décision est précipitée par la maladie qui affecte Arthur Blouin.
En effet, celui-ci cède progressivement la gestion de l'entreprise à deux de ses fils, René et Robert. En 1914, après des études commerciales, René entre au magasin de son père, qui lui inculque la rigueur que nécessite le monde des affaires. Robert, quant à lui, est envoyé en formation chez Lesage Pianos de Ste-Thérèse. Entre 1927 et 1929, Adélard Lesage, propriétaire de l'usine et ami de la famille, lui apprend les différentes étapes de la conception d'un piano
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La famille Blouin photographiée devant la maison paternelle. Sont présents sur la première rangée, de gauche à droite, Gisèle, Ernestine, Lucien, Arthur, Jeanne, Charles (père d'Arthur), Roger et René. Sur la seconde rangée se trouvent Philippe, Joachin, Thérèse, Yvonne, Germaine, Cécile et Robert.